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Empire du Ghana du XIe au XIIIe siècle

Empire du Mali du XIII au XVIIe siècle

Carte de la Guinée portugaise datant de
1843 (cliquez
pour agrandir)

Le costume traditionnel d'une femme Papel en 1906

Jeune féticheuse manjak scarifiée
sur l'île de Pecixe

Drapeau de la Guinée portugaise
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L'histoire
de la Guinée-Bissau ne remonte pas aux quelques
années qui ont secoué cette petite république
africaine depuis environ une décennie.
Les troubles qui sont terminés - apparemment -
avec l'élection en 2005 de Nino ne doivent
pas occulter le passé si riche de la Guinée.
La Guinée-Bissau n'a été "découverte"
par les Européens que moins de 50 ans avant que
Christophe Colomb ne foule le continent américain.
En effet, 1446 marque le début de l'établissement
portugais sur les côtes bissau-guinéennes mais
également le début d'une résistance à l'envahisseur
des populations locales qui allait durer jusqu'au
20ème siècle. En effet, le premier navigateur
portugais Nuno Tristão est tué en 1446 et le dernier
portugais avant la guerre de libération sera tué
en 1939 par les guerriers Bijagos. Le premier
comptoir sera Bolama, situé sur l'île du même
nom, en face de l'actuelle Bissau au cœur de l'Empire
du Gabù. Le commerce peut alors commencer
: or, ivoire, poivre... et esclaves.
L'histoire coloniale
:
Au XIIIème siècle,
les peuples Nalu et Landuma s'installent dans
la région à la faveur du déclin
de l'Empire du Ghana. C'est seulement au XIVe
siècle, en 1446, alors que la région
est en passe d'être intégrée
au vaste Empire du Mali (qui comprend les actuels
Sénégal, Guinée, Gambie et
Mali,...) que les premiers navigateurs portugais
établissent des contacts.
L'histoire coloniale commence, comme partout dans
le monde, par l'établissement de quelques
comptoirs commerciaux qui permettront aux Portugais
d'acheter des esclaves ou de l'or. La richesse
et le potentiel de la Guinée-Bissau la
feront se faire disputer également par
les Français, les Hollandais et les Anglais.
En 1588, les Portugais fondent Cacheu, dans l'estuaire
du Rio Cacheu, qui devient ainsi la première
implantation portugaise dans la région
qui sera dès lors dirigée par des
gouverneurs directement nommés par le roi
du Portugal sous la juridiction du Cap Vert. La
deuxième grande implantation coloniale
sera Gêba, bien à l'intérieur
des terres (à une quinzaine de kilomètres
de Bafatá).
Dès le milieu du XVIIe siècle, les
Portugais accélérent la cadence
coloniale : en 1642, ils fondent Farim et Ziguinchor
(aujourd'hui au Sénégal) en déplaçant
des familles de colons depuis la ville de Gêba.
C'est à la même époque que
les estuaires du Rio Buba, du Rio Cacheu, du Rio
Gêba et du fleuve Casamance commencent réellement
à être fréquentés en
vue d'échanges commerciaux et de colonisation
de masse.
Entre 1753 et 1775, la construction
de la forteresse de Bissau s'effectue grace au
travail de Capverdiens spécialement déplacés
pour ces travaux. En 1800, l'Angleterre commence
à faire sentir son influence en Guinée
Bissau en revendiquant la tutelle de l'île
de Bolama, de l'archipel des Bijagos, de Buba
et de tout le littoral Sud.
A la fin du 19ème siècle,
l'abolition de l'esclavage est imposée par les
patrouilles de surveillance de la marine britannique.
Ainsi, l'exportation des produits agricoles vers
l'Europe devint l'activité principale des puissances
coloniales en Afrique occidentale. Le Portugal
n'étant pas un pays riche et n'ayant que peu de
ressources, il ne pût développer ses colonies.
Le gouvernement portugais était si faible qu'il
permit aux compagnies européennes de contrôler
et d'exporter les richesses de la Guinée,
principalement l'arachide et l'huile de palme.
En 1870, grace à l'arbitrage
du président américain Grant, l'Angleterre
renonce à ses revendications en Guinée-Bissau.
Malgré ce partage effectif du pays par
les puissances coloniales, les royaumes locaux
continuent à résister à toute
tentative de colonisation et d'expropriation.
Les Floups, une des communautés Diola les
plus puissantes et présente principalement
vers Oussouye en Casamance sénégalaise,
mènent contre les Portugais la bataille
de Djufunco en 1879. Cette bataille se soldera
par la plus grande déroute portugaise de
l'histoire coloniale. Cette résistance
sévère des Diolas mènera
le Portugal à accentuer sa pression sur
le pays en lui donnant plus de prérogatives
: la Guinée est séparée de
la Province du Cap Vert et la nouvelle Province
de Guinée Portugaise qui aura comme capitale
Bolama.
Commencent alors l'occupation militaire du pays
par l'armée portugaise et les actions punitives
contre les guerriers Pepels de Bissau et du Biombo
(1882-1884), contre les Balantes à Nhacra
(1882-1884), contre les Manjaks à Caió
(1883) et contre les Beafadas à Djabadá
(1882). L'adage "diviser pour mieux règner"
fait alors le bonheur du colon portugais qui utilise
à bon escient les antagonismes ethniques
en armant les communautés ethniques les
unes contre les autres comme en 1881-1882 où
les Peuls Noirs (musulmans) sont armés
contre les Peulhs Rouges (animistes).
Malgré tout, la tension
militaire et la rebellion permanente font que
le pouvoir colonial portugais se limite aux villes-forteresses
occupées par l'admnistration et l'armée
: Bissau, Bolama, Cacheu Farim et Gêba.
Cette insécurité n'empêche
pas la mise en production agricole des terres
littorales par les colons portugais ou du monde
lusophone (notamment des Caverdiens).
C'est seulement en mai 1886 que les frontières
de la Guinée-Bissau sont fixées
en accord avec la France qui possède le
Sénégal et la Guinée Conakry.
La Casamance passe alors sous domination française
en échange de la région de Cacine
qui passe sous contrôle portugais.
Mais la rebellion reprend de
plus belle dès la fin du XIXe siècle
avec une vague insurrectionnelle dans l'Oio (en
1897 et 1902), dans le pays Floup (encore...)
en 1905 et à Bissau en 1908 qui voit l'alliance
des Pepels et des Balantes de Cuméré
pour une offensive meurtrière. Entre 1910
et 1925, une période de conflit permanent
alternant des insurrections autochtones et la
répression coloniale sera appelée
"la guerre de pacification". Il s'agissait
plutôt en guise de pacification d'assassiner
les chefs locaux les plus rétifs tout en
accentuant l'impôt sur les populations locales.
Entre victoires et déroutes des populations
insoumises, deux noms resteront dans l'histoire
de la répression sanglante : le premier
fut João Teixeira Pinto, militaire à
la longue expérience coloniale et qui entre
1913 et 1915 lança des actions sanguinaires
qui virent le massacre des populations locales
durant la campagne de l'Oio (pays balante). Le
second fut Abdul Indjai (Abdoul Ndiaye), un Wolof
sénégalais (les Wolofs furent les
plus grands vendeurs d'esclaves dans cette partie
de l'Afrique). Abdul Indjai qui fut l'auxiliaire
cruel de Teixeira Pinto dans la bataille de Canchungo,
finit par se rebeller et fût arrêté
à Mansabá en 1919 avant d'être
déporté vers le Cap Vert et plus
tard à Madeire (peut-on faire confiance
à un Sénégalais ?). A leur
tour, les Bijagos se révoltent entre 1917
et 1925 harcelant l'armée portugaise dans
tout l'archipel et jusqu'à Bolama. En 1918,
les Bayots et les Floups (encore des Diolas) entament
une nouvelle guerilla meurtrière contre
le Portugal. C'est à cette période
qu'une nouvelle administration légiférant
la ségrégation colonialiste est
mise en place en Guinée-Bissau. Elle formalise
:
- la division de la population
entre "civilisés" et "indigènes"
- la légalisation du recrutement sous le
régime du travail obligatoire
- l'imposition du lieu de résidence et
ainsi la limitation de la circulation des "non
civilisés" en dehors de leur village
- le type de relations entre l'administration
coloniale, les auxiliaires indigènes et
les autorités coutumières (rois
locaux, chefs de village, etc...)
En 1921, à la prise de
fonction du gouverneur Jorge Velez Caroço,
de nouvelles alliances verront les musulmans -
et notamment les Peulhs, être privilégiés
par le pouvoir colonial au détriment des
communautés animistes mal organisées.
Entre 1925 et 1940, ce sont à
nouveau les Pepels de Bissau qui se révoltent,
suivis en 1933 par les Floups de Jufunco qui font
du pays Diola (extrême Nord-Ouest) une région
toujours incontrôlée. Les Bijagos
de l'île de Canhabaque (île Roxa)
suivent le mouvement de révolte en 1935-36
et refusent de payer l'impôt au pouvoir
colonial. Malgré cette insurrection quasi-généralisée,
l'administration coloniale lance la construction
d'infrastructures : routes, ponts et élargissement
du réseau électrique, etc... La
principale culture d'exportation, l'arachide,
est également développée.
C'est également à
cette époque que les grande entreprises
de capital portugais viennent se créer
ou s'implanter en Guinée portugaise. C'est
le cas de l'Estrela de Farim et de la Casa Gouveia
qui commercialisent l'arachide et gèrent
la distribution de produits dans tout le territoire.
Dans le même temps, de grandes exploitations
agricoles sont également développées
dans les rares régions pacifiées
: le long du Rio Grande de Buba, autour de Bissau
et dans le pays peulh (Bafatá et Gabú).
Cet essor économique portugais est favorisé
par le coup d'état de Lisbonne en 1926 : le dictateur
Salazar prit le pouvoir et imposa des droits de
douane restrictifs aux compagnies étrangères présentes
en Guinée, les forçant à se vendre aux
intérêts portugais.
L'organisation sociale coloniale
pyramidale en ce milieu de XXème siècle
trouve en son sommet une poignée de dirigeants
et de cadres techniques portugais. Le niveau intermédiaire
est composé de fonctionnaires, majoritairement
capverdiens (75% !). Cette communauté capverdienne
domine également le secteur commercial.
Le niveau social le plus défavorisé
est évidemment composé des natifs
bissau-guinéens qui occupent des fonctions
de domestiques, d'artisans et d'agriculteurs.
En 1942, Bissau qui était
déjà de facto la capitale économique
et la plus grande "ville" du pays devient
la capitale administrative de la Guinée
portugaise aux dépens de Bolama.
En 1950, sur les 512.255 habitants
de Guinée portugaise, seuls 8320 étaient
considérés comme "civilisés"
(dont 2273 blancs, 4568 métis, 1478 noirs
et 11 indiens). Sur ces 8320 civilisés,
3824 étaient analphabètes (541 blancs,
2311 métis et 772 noirs). En 1959, à
la veille de la vague d'indépendances africaines,
seuls 3525 élèves fréquentaient
l'enseignement primaire et 249 le lycée
Honório Barreto (créé l'année
précédente). L'école Industrielle
et Commerciale de Bissau accueillait quant à
elle 1051 élèves. Le Portugal aborde
donc les années 50 avec un bilan désastreux
: les provinces de Guinée portugaise sont
toujours insoumises, le pays n'a que peu d'infrastructures
et les systèmes scolaires et sanitaires
sont quasi-inexistants.
Liste des gouverneurs de la Guinée-Bissau
& Bowman,
Joye, 1997, Ominous Transition: Commerce
and Colonial Expansion in the Senegambia and Guinea,
Aldershot, Avebury  |