La Guinée-Bissau est un petit pays à l'échelle de
l'Afrique. C'est néanmoins un pays forestier et à
ce titre, de nombreuses communautés ethniques
profitant des ressources sylvestres y vivent depuis
des siècles. Certaines ne s'y sont installées qu'au
début du siècle, certaines ne comptent que quelques
centaines de membres dans un département, d'autres
sont présentes dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest.
La Guinée-Bissau est donc un pays très riche au point
de vue de la diversité, des traditions et de
la culture.
Si nous prenons en compte les critères de mode de
vie, de religion, de langues, d'histoire, de physionomie
et de culture, plus d'une vingtaine d'ethnies cohabitent
au total en Guinée-Bissau.
Le pays reste fondalement
fière et attachée à ses
traditions. Mais montrer en photo un Manjak
en tenue traditionnelle ne doit pas être
fait sans prévenir les internautes et
notamment les étrangers que traditions
et folklore sont compatibles avec développement
et modernité. La tenue, l'environnement
traditionnel conditionnent l'appartenance à
une culture, à un clan. N'importe quel
Bissau-guinéen peut dire de quelle communauté
est son compatriote habillé devant lui
en habit traditionnel. Un cadre d'entreprise
travaillant à Bissau ou un enseignant
travaillant à Catio et revenant tous
deux au village pendant leurs vacances revêtiront
souvent les tenues de cérémonie
ou les tenues traditionnelles lors des fêtes
ou des évènements religieux. Présenter
dans cette page les Malinkés avec une
photo de féticheur est donc un choix
qu'il faut expliquer : 99% des Malinkés
que l'on croise en Guinée-Bissau portent
une robe, un jean ou mieux encore une chemise
tissée localement avec du coton africain.
Mais la tenue du féticheur malinké
est aussi représentative et emblèmatique
que la coiffure des bigoudennes
bretonnes. Préciser tout cela est
un préalable indispensable avant de présenter
les communautés ethniques bissau-guinéennes. |
|
Religion dominante :
(musulmans)
(chrétiens)
(religions traditionnelles)
Les peuples du Nord
Balantes
et Mansoankas
C'est l'ethnie la plus importante du pays. Ils sont
cultivateurs
du Nord au Sud de la Guinée-Bissau (de Bissora
à Catio). Leur spécialité est la culture d'anacardier
dont ils tirent de la pomme le vin de cajou appelé Cadjou.
L'exportation vers l'Inde de la noix de cajou donne
en outre un force économique importante aux villages
installés en pays balantas. L'élevage
de boeufs est également un activité traditionnelle
prédominante tant le sacrifice de ce bovin est
important dans toutes les étapes de la vie (initiation,
mariages, décès, etc...). Les Balantes
ont souvent le teint assez clair. Leur passé
de guerriers a franchi les frontières durant
la guerre d'indépendance
puisqu'ils ont fourni une grosse partie des guerilleros
du PAIGC. De même, de l'arrivée des Portugais
au XVe siècle, jusqu'au début de la guerre
d'indépendance, de nombreuses rébellions
et attaques initiées par les chefs balantes ont
donné du fil à retordre à l'armée
portugaise.
La "parenté à plaisanterie"
fait dire aux autres ethnies que les Balantes sont des
voleurs. L'origine de cette réputation tient
au fait que pour prouver son courage à sa future épouse,
un Balante doit voler un boeuf !
Si on peut croiser tant d'hommes portant un bonnet rouge,
c'est que cet attribut montre leur état d'initié,
statut auquel ils ne peuvent accéder qu'après les épreuves
du bois sacré (le Balante doit être marié et avoir des
enfants pour être initié et être circoncis). L'ex-président
Kumba Yalla ne dérogeait pas à la règle
et portait en permanence sont bonnet rouge façon
"commandant Cousteau". L'année 2002
a marqué une date importante dans la vie des
Balantes puisque c'est une année d'entrée dans le bois
sacré pour les jeunes futurs initiés (les entrées
dans le bois sacré ne se font pas chaque année).
Cette attachement aux traditions fait que les Balantes
son majoritairement adeptes des croyances traditionnelles
même si, en ville, quelques familles sont catholiques.
Photo à droite : femme balante
à Bissau
Les Balantes sont présents en Casamance,
en Guinée-Bissau et en Gambie
Population en Guinée-Bissau : 420000
Activité traditionnelle en milieu rural : Chasse, agriculture,
fabrication d'alcool (cana et cajou)
Voir aussi l'article sur l'initiation des Balantes.
Bijagos

(Bidiogos, Bissagos) : Cette communauté la plus
mystérieuse de Guinée-Bissau vivent dans l'archipel
du même nom. Ils symbolisent à eux seuls toute
la résistance du peuple bissau-guinéen.
Ce sont un peu les "irréductibles Gaulois"
d'Afrique. En cinq siècles de colonisation, ils
ne se sont jamais soumis à l'occupant portugais.
Jusqu'à l'Indépendance, les troupes portugaises
ont dû faire face règulièrement
à des attaques meurtrières dans l'ensemble
de l'archipel. Leurs traditions préservées grâce à leur
fierté sont peu connues. La moitié des îles
de l'archipel sont inhabitées et servent autant
aux activités agricoles qu'aux cérémonies,
aux libations et initiations en tous genres. Certaines
îles n'ont jamais reçu la visite d'une
seule femme bijagos. On sait néanmoins que l'enfant,
et l'adolescent ont une vie enviable. Jusqu'à l'âge
de 22 ans, les jeunes Bijagos ne travaillent pas et
peuvent avoir une activité sexuelle débridée avec plusieurs
partenaires. La famille les prends en charge à 100%
et ils n'ont à se soucier de rien. Leurs 22 ans révolus,
ils doivent s'exiler dans des îles éloignées
de leur village durant un grand laps de temps qui sera
dédié au travail et à l'initiation,
étape obligatoire pour devenir un homme. Même
si le royaume des Bijagos est l'archipel,
ils ne sont traditionnellement pas pêcheurs et laissent
cette activité aux Sénégalais installés à Bubaque. Seuls
quelques hommes pêchent à l'aide d'un épervier.
Le pagne traditionnel, en fibre de bois coloré,
est toujours le principal habillement des Bijagos.
Photo à droite : Gosses bijagos
avec leur pagne traditionnel sur la route de Bruce (île
de Bubaque) Cliquez
pour agrandir
Population en Guinée-Bissau : 25 000
Activité traditionnelle en milieu rural : Agriculture-Chasse
Papels
(Pepels): Nino Veira, l'actuel président bissau-guinéen
fait partie de cette ethnie. C'est autour de la ville
de Bissau, dans la région
du Biombo qu'ils sont traditionnellement présents.
Ils sont linguistiquement et culturellement proches
des Mankagnes et des Manjaks. Le quartier de Bissau
"Chao de Pepel" porte bien son nom! En milieu
rural, ils sont traditionnellement cultivateurs. Ils
bénéficient d'ailleurs de l'un des terroirs
les plus propices à la culture du riz. Ils sont
le plus souvent catholiques. Leurs noms de famille sont
à l'instar des Manjak le plus souvent d'origine
portugaise : Pereira, Lopes, Veiria, Correia, Monteiro,
Ca, etc..
Photo à droite : "Nino"
Vieira, le président bissau-guinéen est
un Pepel
Voir aussi l'article d'Anna Borrel intitulé "Mystères
et sortilèges en Guinée-Bissau, la pirogue ensorcelée".
Les Pepels sont présents
dans les pays suivants : Casamance, Guinée-Bissau, Guinée
Population en Guinée-Bissau : 110 000
Activité traditionnelle en milieu rural : Chasse, agriculture
Manjaks

: Les Manjaks (on écrit également manjack
ou manjaques) consituent la communauté la plus
dynamique de Guinée Bissau. Quoi dire d'eux sinon
qu'ils sont multicartes ! En zone rurale, ce sont des
agriculteurs émérites. De la culture du
riz à la récolte du vin de palme, leur
talent dans ce domaine est incontestable. Mais ils excellent
également dans l'artisanat. En Guinée-Bissau,
mais aussi dans tous les pays frontaliers, quelle ville
n'accueille t'elle pas un tisseran manjak ? En effet,
l'artisanat du tissage de tissu et de pagnes est une
véritable tradition chez les Manjaks. C'est à
l'Ouest que l'on retrouve les villages manjaku, principalement
dans la région du Cacheu : villes de Canchungo,
Cacheu, Calequisse, îles de Pecixe, Jeta, etc...
En Guinée-Bissau, les Manjaks sont principalement
adeptes des croyances traditionnelles. Cependant, nombreux
sont également les catholiques ainsi que quelques
musulmans.
Photo à droite : scarifications
traditionnelles chez une jeune manjak vers 1920
Très tôt, la communauté manjaku
s'est ouverte au monde. Les premiers immigrés
africains en Europe furent souvent des hommes manjaku,
embarqués comme matelots dans les navires marchands.
La guerre d'indépendance en Guinée Bissau
fut également une raison pour essayer de trouver
plus de prospérité ailleurs. La plupart
des Manjaks du Sénégal sont d'origine
bissau-guinéenne. En Europe, et surtout en France,
la communauté manjak installée parfois
depuis plusieurs générations garde de
forts liens avec le village d'origine. Les associations
de ressortissants manjaks sont innombrables et les fonds
récoltés permettent d'initier des projets
importants : écoles, dispensaires, etc... Parallèlement
à ça, de nombreux Manjaks investissent
à Bissau dans des commerces, taxis, bars, etc...
Economiquement puissante, la communauté manjak
est aussi le vivier d'un grand nombre de sportifs de
renommée internationale, principalement dans
le domaine des arts martiaux et du football. Les noms
de famille les plus répandus sont Mendy, Gomis, etc...
Les Manjaks sont présents
dans les pays suivants : Gambie, Casamance, Guinée-Bissau
Population en Guinée-Bissau : 220 000
Activité traditionnelle en milieu rural : tissage, culture
Lien externe : l'association
Calequisse (du nom du village)
Lien externe : Cercle
de développement de la diaspora manjaku
Lien externe : Le
portail manjak.fr
Lien externe : Kandeer
Manjaku, portail culturel manjak
&
Rituels divinatoires et thérapeutiques chez les Manjaks
de Guinée-Bissau et de Casamance de Maria Teixeira

Diolas
: Ils sont assez nombreux dans les régions de Varela
et São Domingos (nord-ouest de la Guinée-Bissau).
En fait les Diolas sont divisés en de nombreuses communautés
qui parfois ont des langues assez différentes
: les Essyls, les Fognis, les Erings, les Bayots ou
les Floups font partie de ces sous-ethnies diola qui
ont donné leurs noms aux terroirs qu'ils occupent.
Les plus nombreux en Guinée-Bissau sont les Floups et
les Bayots... Les plus connus sont sans aucun doute
les Floups dont le roi, le roi
d'Oussouye (en Casamance), exerce encore des pouvoirs
traditionnels importants.
Photo à droite : tournoi de lutte
diola en l'honneur du roi des Floups
Ils sont pour la plupart agriculteurs et excellent dans
la culture du
riz à laquelle ils ont apporté des
techniques agricoles très avancées. Mais
les missions catholiques prodiguant un enseignement
de qualité, notamment en Casamance, de l'autre côté
de la frontière, on les retrouve aujourd'hui
parmi les cadres les plus élevés de l'économie,
de l'administration ou de la politique. Un des présidents
par intérim après la chute de Nino fût d'ailleurs un
Diola : Malam Bacam Sagna (Sanha).
Une partie importante de la présence diola en
Guinée Bissau est constituée de réfugiés
harcelés par l'armée sénégalaise
en Casamance où nombreux sont les villages qui
ont été anéantis. Le chef emblèmatique
de la rebellion est d'ailleurs diola : l'abbé
Augustin Diamacoune. Leurs noms de famille les plus
courants sont Diatta, Badji, Sagna, Goudiaby, Mane,
Sanne, Badiane, Bassene, Himbane, etc.. Si de nombreux
Diolas sont musulmans au Sénégal (les
Fognis), la plus grande partie des Diolas de Guinée
Bissau sont soit catholiques soit adeptes des croyances
traditionnelles.
Les Diolas sont présents dans les pays suivants
: Casamance, Gambie, Guinée-Bissau
Population en Guinée-Bissau : ~35 000
Activité traditionnelle en milieu rural : Agriculture
&
Proverbes Joola de Nazaire Diatta .
& Parlons Joola. Langue
et culture des Diolas. Méthode de langue
de Christian Sina Diatta

& Et le lièvre vint--
: récits populaires diola de Louis-Vincent
Thomas
Mankagnes 
: apparentés culturellement et linguistiquement
aux Manjaks et aux Pepels, ils occupent la même
zone de peuplement en Guinée-Bissau. Leur activité
principale est l'agriculture qu'ils pratiquent notamment
dans le secteur de la riziculture mais également
dans les vergers (mangues, anacarde, etc...).
Beaucoup ont choisi de se convertir au catholicisme
et la proportion de chrétiens chez les Mankagnes
est supérieure à celle que l'ont retrouve
chez leurs cousins Manjaks et Pepels. Parmi leurs noms
de famille les plus répandus on peut citer Samy
et Badiana. L'amitié qu'on a sur Guinee-Bissau.net
pour les Mankagnes, notre famille, nous fera dire avec
partialité qu'en plus d'avoir la meilleure gastronomie
du pays, les Mankagnes ont un sens de l'honneur infaillible
en plus de faire preuve au quotidien de gentillesse,
de générosité et de loyauté.
C'est chez les Mankagnes que l'étranger est le
mieux accueilli ("étranger" au sens
large car l'étranger en Afrique est celui qui
n'est pas de la famille). Bref, Viva Mankañas
!
Commentaire d'un internaute (octobre
2007) : J'ai été trés
charmé de voir le commentaire que l'auteur du
site afait sur les Mancagnes et qui traduit la réalité;
la seule chose que j'aimerais ajouter c'est qu'il a
oublié ou qu'il ne sait aps que les Mancagnes,
en fait, sont des Peuls qui ont quitté le Fouta
Djalon actuel des villages d'origine de Popadara et
Duka pour refuser toute islamisation. D'ailleurs jusqu'à
présent les Peuls les considèrent comme
des Foulbés non fulaphones. Je suis moi-même
un mancagne descendant en ligne direct de la chef traditionnelle
mancagne qui régne sur les Mancagnes depuis 1530.
Merci je me tiensà votre disposition pour d'autres
renseignements sur les Mancagnes
50 000 au total dans les pays suivants
: Gambie, Casamance, Guinée-Bissau
Population en Guinée-Bissau : 40 000
Activité traditionnelle en milieu rural : Agriculture
Baïnouks 
: Ils sont peu nombreux en Guinée-Bissau et occupent
quelques rares villages ou quartiers. Comme les communautés
du Nord du pays, ils sont souvent agriculteurs (riz,
mil, etc...) et éleveurs. Ils sont aussi souvent
catholiques que musulmans. Le nom de famille Baïnouk
le plus répandu est Diandy. Il semble qu'ils constitue
l'ethnie la plus ancienne de Casamance.
<10 000 au total dans les pays suivants : Gambie,
Casamance, Guinée-Bissau
Population en Guinée-Bissau : <3000
Activité traditionnelle en milieu rural : Chasse-cueillette
Cobianas 
<1000 au total dans les pays suivants : Guinée-Bissau
Population en Guinée-Bissau : 500
Activité traditionnelle en milieu rural : Agriculture
Cassangas 
<1000 au total dans les pays suivants : Guinée-Bissau
Population en Guinée-Bissau : 500
Activité traditionnelle en milieu rural : Agriculture
Les Mandingues
Le groupe "mandingue", héritier
de l'Empire du Mali, est formé par de nombreuses
communautés ethniques aux traditions et aux langues
qui diffèrent sensiblement. Mandingues, Malinkés,
Socés ou Bambaras sont présents dans toute
l'Afrique de l'Ouest. En Guinée-Bissau, les régions
centrales et orientales du pays accueillent de nombreux
villages mandingues.
Mandingues
: c'est le principal groupe mandingue en Guinée-Bissau.
La région de Farim ainsi que des gros îlots
de population autour de Bafatá et Gabú
sont peuplés de Mandingues.
1 000 000 au total dans les pays suivants : Gambie,
Guinée, Sénégal, Mali, Guinée-Bissau
Population en Guinée-Bissau : 190000
Activité traditionnelle en milieu rural : Commerce-élevage
Malinkés
:
malgré leur religion musulmane, ils sont considérés
comme les grands sorciers dans les villages où ils habitent.
Leur animal fétiche, le lion, est présent dans tous
les récits et légendes, et nombreux sont ceux qui paraît-il
se transforment en félins sanguinaires. Comme les Bambaras,
les Malinkés sont des Mandingues. Assez nombreux dans
le Sénégal oriental à la frontière malienne, ils vivent
en quartier clos et les vieux sont craints de la population.
Si vous voyez un jour un homme recouvert de feuilles
et de boue et suivi par un jeune apprenti, soyez certain
que c'est un Malinké qui contre quelques pièces va de
case en case prédire le futur aux mères de famille à
la fois amusées et inquiètes.
Photo à droite : masque traditionnel
sur un initié malinké
1 020 000 au total dans les pays suivants : Sénégal,
Guinée, Mali, Guinée-Bissau, Gambie
Population en Guinée-Bissau : 1000
Activité traditionnelle en milieu rural : Agriculture
&
Apprenez le Malinké avec le livre PARLONS MALINKÉ
de Mamadou CAMARA

& La confrérie des
chasseurs Malinké et Bambara : mythes, rites et
récits initiatiques de Youssouf Cissé

Socés 
25 000 au total dans les pays suivants : Sénégal,
Gambie, Mali, Guinée-Bissau
Population en Guinée-Bissau : 2500
Activité traditionnelle en milieu rural : Élevage
Soninkés Ethnie
Mandingue du Mali et du Nord est du Sénégal ayant émigré
jusqu'en Guinée.
1 200 000 au total dans les pays suivants : Mali,
Guinée,Guinée-Bissau,Sénégal, Gambie, Côte d'Ivoire,
Burkina
Population en Guinée-Bissau : 5000
Activité traditionnelle en milieu rural : Élevage
Bambaras Le
noyau de l'ethnie se trouve au Mali. Les quelques rares
Bambaras bissau-guinéens vivent dans l'Est du
pays. Musulmans convaincus ils n'ont pas cette réputation
de sorciers que cultivent leurs cousins Malinkés.
3 000 000 au total dans les pays suivants : Mali,
Sénégal, Guinée, Guinée-Bissau
Population en Guinée-Bissau : 500
Activité traditionnelle en milieu rural : Agriculture
Diarankés
Ethnie du Nord-Est de la Guinée-Bissau, proche des Mandingues,
peu nombreuse.
25 000 au total dans les pays suivants : Sénégal,
Guinée Guinée-Bissau
Population en Guinée-Bissau : 1000
Activité traditionnelle en milieu rural : Agriculture
Les peuples du Sud
Nalus / Bagas
: les Nalus (Nalous) constituent la communauté
la plus isolée du pays. En effet, la région
du Tombali (frontière avec la Guinée Conakry)
fait figure de Far West au vu des infrastructures routières
inexistantes ou complètement délabrées
et de l'éloignement du pouvoir central. Allez
de Cacine, fief et ville principale du pays nalu, à
Bissau est toute une aventure. Il n'en fallait pas plus
pour que cette communauté, qui compte une majorité
de ses membres en Guinée Conakry, s'oriente vers
son voisin du Sud finalement plus accessible. Cette
relation avec la Guinée Conakry fait que la plupart
des Nalus parlent également soussou (langue principale
dans l'Est de la Guinée Conakry). L'activité
principale des Nalus tourne autour de l'agriculture
et principalement aoutour de la riziculture. Leur terroir
est en effet situé dans la région la plus
arrosée du pays, zone de forêts denses
et de mangroves particulièrement propice à
la culture du
riz. Mais la pêche traditionnelle et le sèchage
du poisson font également partie des activités
économiques qui tendent à se développer.
Complètement islamisés, les Nalus n'en
gardent pas moins leurs traditions séculaires
parmi lesquelles les fétiches et les fêtes
des masques gardent toute leur place. La statuaire nalu
est d'ailleurs l'une des plus belles et des plus recherchées
d'Afrique.
20 000 au total dans les pays suivants :
Guinée, Guinée-Bissau
Population en Guinée-Bissau : 6000
Activité traditionnelle en milieu rural : Agriculture-Chasse
Voir aussi la page sur la statuaire Nalu
Biafadas (Beafadas)
: les Beafadas occupent un territoire bien délimité
consitué par la plus grande partie orientale
de l'estuaire du Rio Grande de Buba. Leur activité
est principalement agricole avec un terroir très
riche et de nombreuses rizières. La fabrication
d'huile palme, denrée très chère
dans la sous-région, est particulièrement
prisée des femmes beafadas. Islamisés
en même temps que leurs voisins nalus, les Beafadas
ont cependant plus rapidement abandonné les croyances
traditionnelles.
Activité traditionnelle en milieu rural : Agriculture
Population en Guinée-Bissau : 42000
| On raconte que c’est
un paysan beafada qui, découvrant une zone
particulièrement riche et accueillante lors
d’un voyage de chasse au Sud du Rio Buba (Cubisseco),
aurait décidé de s’y établir.
Lorsqu’il décrivit ce site à
sa famille et à son village, il le dénomma
“pada”, transcrivant ainsi le son du
coup de feu qui tua le gibier abondant dont il s’était
nourri. En portugais, la désignation de l’endroit
donna “em Pada”, qui devint le nom d’une
des localités les plus importantes de la
région. La présence d’une arme
à feu fait probablement remonter cette anecdote
à moins de trois siècles. (source
: RAMSAR) |
Soussous
: Les Soussous sont l'ethnie majoritaire sur la côte
de Guinée-Conakry. Ce sont les habitants principaux
de Conakry comme les Lébous le sont à Dakar ou les Papels
à Bissau. Quelques communautés soussou vivent
dans le Sud de la Guinée-Bissau (départements
de Cacine, Bedenda et Quebo)
1 000 000 au total dans les pays suivants : Guinée,
Sierra Léone, Guinée-Bissau
Population en Guinée-Bissau : 3500
Activité traditionnelle en milieu rural : Agriculture-chasse
Les Peulhs
Peulhs
C'est
incontestablement une des ethnies les plus connues d'Afrique
et sûrement la plus disséminée : ils représentent un
pourcentage non négligeable de la population dans les
pays suivants : Mauritanie, Sénégal, Mali, Tchad, Guinée,
Guiné-Bissau, Sierra-Léone, Libéria, Burkina, Niger,
Nigéria mais sont descendus durant leurs conquêtes jusqu'en
Centrafrique ou au Cameroun! A travers les pays, on
les appelle de nombreuses manières : les Peulhs, les
Fulas, les Fulanis, les Pulaars, les Haal-Pulars, ....mais
la langue reste la même et les coutumes sont inchangées
depuis les ancêtres. Musulmans orthodoxes ou membres
de la confrérie Tidjane, leur activité traditionnelle
est l'élevage. Mais au fil des années, les difficiles
conditions climatiques et l'explosion démographique
les ont forcés à exercer d'autres professions : coiffeur,
taximan et petit marchand sont les principales. Leur
petite taille, leur teint clair et leurs traits fins
les font souvent passer pour des métisses. Les légendes
touchant à l'origine des Peulhs sont très nombreuses.
On dit par exemple qu'ils viendraient d'Ethiopie ! Leurs
similitudes avec les guerriers Massaïs du Kenya sont
nombreuses : peuple nomade vénérant les bovins qui font
leur richesse à tel point qu'en tuer ou en vendre un
est un acte impensable. Cette vénération fait la pauvreté
des Peulhs car leur travail ne leur rapporte pas de
quoi vivre. Les troupeaux devant rester dans la famille
il n'est pas rare de voir se concrétiser des mariages
entre proches cousins. Les bovins de plus en plus nombreux
n'ont plus de quoi se nourrir et meurent de faim durant
les mois secs de l'année. On accuse pour cela les Peulhs
d'appauvrir le pays et de contribuer à la désertification
par l'appauvrissement des sols. Les noms de famille
sont très peu variés : plus de la moitié des
Peulhs s'appellent Bâ, Baldé ou Diallo
! Bâ est cependant plus courant en Guinée. Les
prénoms masculins sont les mêmes que les autres ethnies
musulmanes (Mamadou, Abdoulaye, Lamine...). Les prénoms
féminins ont eux plus tendanceà ajouter le suffixe "mata"
: Oulimata, Fatoumata, .... NénéGalé est également assez
courant chez les Peulhs. Les Peulhs sont assez peu scolarisés
et on les retrouve rarement aux hautes places en politique
comme en affaires.
Photo à droite : un berger peulh
Population en Guinée-Bissau : 280 000
Activité traditionnelle en milieu rural : Élevage
&
Le troupeau des songes : le sacrifice du fils et
l’enfant prophète dans les traditions des Peulhs.
Un livre de Souleymame Balde et Diawne Diamanka

& Les aventures de Kataboum
: conte bilingue français-peul de Pierre Gourou

& Dictionnaire pluridialectal
des racines verbales du peul : peul-français-anglais
de Christiane Seydou

& Le Fantang, poèmes
mythiques des bergers peuls textes de la tradition orale
de Siré Mamadou Ndongo. Le Fantang est un long poème
lyrique, parfois ésotérique, d'initiation aux divers
aspects de la société pastorale peule. C'est au Sénégal
qu'il s'est répandu avec le plus de vitalité. Analyses
et commentaires, tant historiques que thématiques.
& Peul : méthode
de langue 
& Les Peuls du Dallol
Bosso, coutumes et mode de vie de Boubacar Hama
Beïdi. Un Peul explique et raconte tout ce qui fait
la vie du peuple peul (peuple originaire de l'Afrique
occidentale et établi au Mali, en Guinée et au Sénégal).
Les rites de naissance, de mariage, de mort, les habitudes
alimentaires et vestimentaires y sont décrits.
& Classification et représentation
des propriétés lexicales en Peul de A. Mohamadou

Les peuples de la montagne
Tendas-Bédiks
: animistes des montagnes du Sénégal oriental et du
Fouta Djalon guinéen, on les retrouve à
l'extrême Nord-Est de la Guinée-Bissau.
Leur langue, leurs traditions et leur culture les rapproche
des Bassaris avec lesquels ils partagent le terroir.
Très peu nombreux, leur présence se limitent
à quelques villages perchés sur des collines.
Leurs noms de famille sont d'inspiration Mandingue qui
ont envahi la région au siècle dernier
: Keita, etc..
10 000 au total dans les pays suivants : Guinée,
Sénégal, Guinée-Bissau, Mali
Population en Guinée-Bissau : <1000
Activité traditionnelle en milieu rural : Chasse-cueillette
& Bédik,
les visages de Marie-Paule Ferry, Pierre Rauscher
et Jules Tamba Keïta

& Bedik, images de savoir-faire
de M.-P. Ferry

& Les dits de la nuit
contes tenda du Sénégal oriental de Marie-Paule
Ferry 
Bassaris
: connus pour avoir conservé leurs traditions, ils habitent
dans les villages les plus inaccessibles du Sénégal.
Cachés dans les montagnes on ne peut souvent les atteindre
qu'à pied. Leur langue n'est connue que d'eux-seuls.
Certains ont été évangélisés par les missionnaires présents
depuis 1975 (Mission du Père Jean à Salémata-Sénégal).
Quelques Bassaris vivent dans l'extrême Nord-Est de
la Guinée-Bissau. Leur hiérarchie sociale est la même
qu'au début du siècle lorsque les premières invasions
peulh les ont poussés sur les plus hauts sommets du
Fouta Djalon. Chasseurs émérites, ils sont également
d'habiles apiculteurs. Ils n'ont pas plus d'une dizaine
de noms de famille parmi lesquels figurent Bianquinch
ou Boubane (tous leurs noms de famille commencent par
le lettre B).
Photo à droite : masque traditionnel
bassari pendant la fête du caméléon
Activité traditionnelle en milieu rural : Chasse-cueillette
15 000 au total dans les pays suivants : Guinée, Guinée-Bissau,
Sénégal
Population en Guinée-Bissau : <500
&
Les Bassari du Sénégal : fils du caméléon de
J. Girard

& L'archer Bassari de
Modibo S. Keita et Modibo Sounkalo

& Les migrations des
Coniagui et Bassari de Monique GESSAIN

Coniaguis :
de la même famille ethnique que les Tendas et les Bassaris,
leurs langues présentent quelques similitudes. Comme
ces derniers ils sont très peu nombreux et vivent dans
les collines du Fouta Djalon mais plutôt du côté guinéen
(Youkounkoun). Complètement animistes c'est un des peuples
les plus discrets et isolés d'Afrique de l'Ouest.
Activité traditionnelle en milieu
rural : Chasse-cueillette
30 000 au total dans les pays suivants : Guinée, Sénégal,
Guinée-Bissau
Population en Guinée-Bissau : <1000
Les métis (10000 ?)
 
La plupart sont de descendance capverdienne même
si certains sont issus de liaisons entre des Portugais
et des ethnies typiquement bissau-guinéennes.
Durant les années coloniales, une grosses partie
des cadres et des commerçants étaient
des métis capverdiens. Amilcar Cabral lui même
était métis. Durant la guerre, une partie
importante de cette population métis capverdienne
est rentrée au Cap Vert. Peu après l'indépendance,
le coup d'état de Nino Vieira contre le frère
d'Amilcar Cabral, lui aussi métis, a entamé
une purge des métis présents dans les
institutions. Cela a provoqué un nouvel exode
des métis vers le Cap Vert et le Portugal. Enfin,
la guerre civile de 1998-1999 et l'instabilité
qui a suivi jusqu'en 2004 a poussé la population
métis qui en avait les moyens à rejoindre
leurs familles installées au Portugal ou au Cap
Vert. Aujourd'hui, Bissau demeure la capitale d'Afrique
continentale qui compte la plus grande part de métis.
Jadis élite du pays, beaucoup de ceux qui sont
restés vivent dans les mêmes conditions
de pauvreté que le reste de la population. Moins
de 10.000 métis résideraient encore au
pays. Ils sont tous chrétiens et ont tous comme
langue principale le portugais ou le créole (kriolo).
Photo à droite :
une jeune fille métisse à Bissau
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